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Livre Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant”

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 7

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Qu’est-ce qui est vraiment important pour qu’un enfant apprenne correctement ?

Nous allons examiner dans ce 7ème épisode dédié au livre de Céline Alvarez « Les lois naturelles de l’enfant », les dernières lois de l’apprentissage naturel de l’enfant.

 

–         Prendre le temps de ne rien faire et de rêvasser

 

Ne rien faire ne signifie pas que le cerveau est à l’arrêt. Il continue à être actif sous un mode « par défaut » durant lequel il rejoue, analyse et déduit des éléments à partir de nos expériences passées. Le cerveau en profite pour mettre de l’ordre et ces temps de repos sont donc très importants et nécessaires pour l’enfant. Il est de ce fait primordial de respecter ces moments de repos, d’observation, qui sont très bénéfiques.

 

–         L’importance du sommeil

 

Les dernières recherches ont démontré que c’est pendant son sommeil que le cerveau de l’enfant fait le tri, réorganise et ne garde que certaines connexions neuronales.
Ainsi, les enfants qui manifestent le besoin de dormir doivent pouvoir le faire : leur cerveau réclame ce temps de repos pour enregistrer et consolider les nouvelles informations encodées au cours de la journée.
Lorsque nos jeunes enfants commencent à « piquer du nez », c’est qu’ils ne peuvent plus faire entrer davantage d’informations dans leur boîte crânienne et qu’un temps de repos est nécessaire pour laisser leur cerveau faire un peu de place.
Il est intéressant de noter que les enfants présentant des troubles de l’apprentissage et de l’attention peuvent atteindre les mêmes performances d’apprentissage que les autres simplement en augmentant la qualité de leur sommeil !
Une hygiène aussi simple que se coucher tôt sans avoir été au préalable exposé à des écrans peut ainsi permettre aux enfants de surmonter des difficultés d’attention et d’entrée dans les apprentissages.

 

–    L’enfant retient ce qui fait sens

 

Le cerveau filtre ce qu’il consolide : il laisse de côté ce qui ne fait pas sens pour lui. Par exemple, si on fait mémoriser à un enfant une suite de mouvements de doigts sur un piano, sans attirer son attention sur la mélodie, son cerveau ne retient pas cette séquence motrice car elle lui semble inutile. Par contre, il retient la séquence motrice si on attention a été mobilisée sur la mélodie qu’elle produisait.

 

–    L’importance du jeu libre

 

Il est aujourd’hui très clair que le jeu libre entre enfants – se rouler par terre, courir ensemble, chahuter,… – favorise le bon développement cérébral.
Il est donc fondamental de proposer un espace où les enfants puissent avoir ces temps de jeux libres lorsqu’ils le souhaitent, sans aucune directive de l’adulte.

 

–    La toxicité du stress

 

Chez le jeune enfant, lorsqu’il est soumis à une angoisse, à un stress ou à une émotion négative forte, son cerveau déclenche rapidement la sécrétion d’hormones du stress, mais il ne peut pas prendre de recul, se contrôler, analyser la situation ni la dédramatiser. Contrairement à un adulte, il est incapable de se calmer seul. C’est ce que l’on appelle des tempêtes émotionnelles, et dans ce cas, ce stess devient toxique. En effet, le cortisol libéré en grande quantité attaque directement le cerveau de l’enfant en détruisant des neurones au sein de structures cérébrales très importantes. L’hippocampe, zone de la mémoire, est l’une des premières régions affectées. Ensuite, c’est le cortex préfrontal, qui nous permet de raisonner, prendre du recul, nous contrôler, qui est touché.
Le stress répété et/ou prolongé de l’enfant altère ainsi gravement son câblage cérébral encore immature.
Ainsi, prendre l’habitude de laisser un bébé ou un enfant pleurer lorsqu’il est en proie à des émotions de forte intensité, sous prétexte de lui apprendre à se calmer seul, est donc une très grande erreur : en agissant de la sorte, nous obtiendrons le contraire.
Certains enfants vont finir par se taire, mais il s’agit là d’une manière de préserver sa santé. Il se coupera instinctivement de ses émotions et aura probablement de grandes difficultés à y avoir accès à l’âge adulte.

Il est de ce fait indispensable de ne pas soumettre l’enfant à des jugements négatifs ou à des paroles humiliantes : la violence verbale, les insultes, les humiliations génèrent un stress qui abîme jusqu’aux connexions impliquées dans les réseaux du langage.

Comment aider son enfant en cas de stress ?
La première chose évidente à faire est de commencer par le rassure par notre présence aimante et à le consoler. Lorsque nous le prenons tout simplement dans nos bras, son cerveau sécrète une molécule extraordinaire, l’ocytocine, qui a l’immense avantage de stopper la sécrétion de cortisol. Cela interrompt le cercle vicieux du stress et déclenche un véritable cercle vertueux, générant du bien-être, du calme, plaisir et enthousiasme.
L’amour protège et galvanise nos structures cérébrales les plus fondamentales et les plus intimes.
Ensuite, il est fondamental d’aider l’enfant à nommer ce qu’il ressent afin qu’il puisse s’apaiser encore davantage. Nommer une émotion permet de calmer le cerveau en état d’alerte. En aidant ensuite l’enfant à analyser la situation et à prendre du recul, nous aidons son cortex préfrontal à se développer plus rapidement.
L’enfant sera de plus en plus à même de se calmer seul et aura de moins en moins besoin de notre aide.
Il faut donc leur apprendre à identifier leur émotion, l’exprimer et proposer une solution pour désamorcer le conflit.

 

La bienveillance

 

Le lien social positif entre les êtres, l’empathie, les comportements altruistes et généreux favorisent le développement de nouveaux neurones et augmentent les connexions synaptiques. Et ce, tant chez celui qui montre un tel comportement que chez celui qui le reçoit !
Vous souhaitez aider vos enfants à augmenter leurs capacités d’apprentissage ? Aimez-les. Tout simplement… Soyez chaleureux, aimants, empathiques, affectueux.
Il s’agit d’un véritable catalyseur d’épanouissement.

 

Et voilà, nous avons à présent fait le tour des différents paramètres fondamentaux de l’apprentissage… Si vous avez raté le début, allez lire les 2 articles précédents… à bientôt pour la suite du livre !

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 6

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Dans ce 6ème épisode nous continuons notre découverte des lois naturelles de l’apprentissage décrites par Céline Alvarez dans son excellent livre “Les lois naturelles de l’enfant” :

 

 

–         L’importance de l’erreur dans les lois naturelles de l’apprentissage

 

Les chercheurs sont formels, l’erreur est une des lois naturelles de l’apprentissage. Or, bien souvent, elle est perçue comme une faute, et nous cherchons à l’éviter. Cet évitement freine considérablement le processus d’apprentissage.

Au contraire, l’erreur devrait être neutre : il s’agit simplement d’un retour d’information qui indique qu’une prédiction doit être réajustée.

Notre système éducatif traditionnel a tendance à faire exactement ce qu’il faut pour que l’être humain n’apprenne pas. Il impose des activités aux enfants qui ne les motivent pas, et lorsque les enfants font l’effort de s’y engager, leurs inévitables erreurs sont jugées. Ce jugement paralyse la prise de risque et bloque ni plus ni moins le mécanisme naturel d’apprentissage.

 

–         La motivation endogène

 

Pour apprendre, il nous faut être intéressés par l’activité dans laquelle nous nous engageons afin que notre mémoire s’active de manière optimale et que nous ressentions un élan porteur qui nous mènera très vite très loin !

Une motivation endogène signifie que cette motivation doit provenir de nous-mêmes pour être réellement efficace !

Or, les enfants se passionnent pour leur culture et divers sujets (de mathématiques, d’histoires ou autres)  lorsque ceux-ci leur sont proposés d’une manière vivante et concrète.

 

–         La richesse du monde réel

 

Les études montrent qu’un environnement s’apparentant à un milieu naturel, c’est à dire offrant des interactions sociales variées, une activité physique normale et des sollicitations cognitives différentes, réouvre la plasticité et nous rend ainsi  notre capacité d’apprentissage. Il ne faut donc pas couper nos enfants du monde, de sa réalité et de ses richesses. Il s’agit de lui proposer un environnement naturel, vivant et dynamique au sein duquel il peut vivre sa culture, participer aux activités quotidiennes, avoir des échanges et des interactions variés avec des personnes d’âges différents du sien, jouer dehors, observer et étudier la nature qui l’entoure tout en satisfaisant ses passions personnelles et son besoin d’activité physique quotidienne.

Nous serons surpris de les voir rapidement laisser de côté leurs jouets qui les distraient souvent de leur tâche principale : étudier le monde réel auquel il viennent de naître, le comprendre et en devenir spécialistes.

Il est démontré que les enfants qui jouent dans la nature présentent des capacités motrices accrues, notamment en équilibre, coordination et agilité. 

Les enfants actuels cherchent comme ils le peuvent à se nourrir avec ce qui leur tombe sous la main. Et cela nous agace. “Il touche à tout !”, “il parle tout le temps”, nous plaignons-nous. “Ils font des bêtises ! “ Les enfants qui bravent les interdictions font preuve d’une grande force de vie : leur intelligence insatisfaite ne se résigne pas et cherche à se nourrir envers et contre tout. Contre nous, s’il le faut !

 

–         Renouer avec la nature

 

Une des lois naturelles de l’apprentissage est le fait de leur permettre de se reconnecter à la nature. Cela peut paraître évident, mais ils passent tant de temps enfermés entre 4 murs, qu’ils sont capables d’identifier plus d’un millier de logos d’entreprise, mais moins de 10 plantes originaires de leur région ! 

A l’heure actuelle, il est indispensable que les enfants puissent grandir en comprenant les grandes lois de notre planète, pour que, une fois adultes, ils sachent vivre en utilisant ses ressources naturelles de manière respectueuse et durable.

Un enfant de 7 ans devrait déjà savoir faire pousser des radis, des pommes de terre ou des tomates, les ramasser à maturité, et les préparer ensuite pour les manger et s’en régaler. Commençons donc par renaturaliser et vivifier les cours d’école !

De plus, le cerveau humain ne peut pas comprendre ce qu’il ne vit pas. Aucune description, aucune image ne peut remplacer la leçon sensorielle, grandiose et vivante offerte par la nature. C’est cela aussi les lois naturelles de l’apprentissage !

Sans oublier que de nombreuses études indiquent très clairement que le contact avec la nature calme, galvanise, revivifie les esprits, alcalinise les organismes acidifiés par les stress sociaux ou environnementaux. Elle développe aussi les capacités motrices, cognitives, stabilise l’humeur, régule les émotions négatives et favorise même le développement de la créativité.

 

–         Un environnement riche, mais pas surchargé

Ce qui fera réellement la richesse de l’environnement pour l’enfant, ce n’est pas la quantité, mais la qualité des activités qu’il propose.

En effet, la sur-stimulation surcharge les neurones d’information et provoque un grand stress chez l’enfant. Exit donc, les jouets de toutes les couleurs qui sonnent de toutes parts et possèdent dix textures différentes. Adieu écrans, dessins animés au débit d’images rapides, tablettes et télévision. Ne nous étonnons pas ensuite de les voir pousser des cris, et de ne plus se satisfaire de rien. Leurs cerveaux sont habitués à la sur-stimulation, et leur attention a beaucoup de difficulté à se focaliser.

Un étude montre ainsi que les salles de classe trop décorées sont sources de distraction chez les jeunes enfants, trop stimulés visuellement, ils ont plus de difficultés à se concentrer. Il faut donc trouver un équilibre entre trop- plein et absence de décorations !

Nos enfants ont également trop d’affaires, trop de choix, reçoivent trop d’informations et subissent des vies trop rapides, ce qui participerait à détraquer leur système attentionnel.

Lors d’une expérience, on a simplifié la vie d’enfants souffrant d’un trouble du déficit de l’attention en modifiant leur environnement ! Moins de jouets, moins d’activités extrascolaires, moins d’écrans, plus de jeux libres, moins d’activités dirigées par un adulte, plus de nature et de temps de rêverie.

En seulement 4 mois, les troubles de l’attention ont disparu chez 68% des enfants. Leurs aptitudes scolaires et cognitives ont également augmenté de 37%.  Ces effets positifs ne sont pas même observés avec la Rilatine, qui a pour objectif de calmer les enfants.

 

Mais ce n’est pas encore suffisant pour l’apprentissage du jeune enfant ! Dans le prochain article, nous continuerons à observer les autres paramètres fondamentaux de l’apprentissage… à bientôt !

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 5

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Nous allons découvrir dans ce 5ème épisode les lois naturelles de l’apprentissage décrites par Céline Alvarez dans son excellent livre “Les lois naturelles de l’enfant” :

 

–         apprendre par ses expériences actives

 

L’être humain apprend par ses expériences actives en faisant des prédictions. Son cerveau peut être surpris par un décalage entre sa projection et la réalité. Il réajustera alors ses connexions et ses probabilités. Mais, s’il n’est pas activement engagé, il ne fera pas de prédictions, et ne pourra par conséquent pas les réajuster => peu ou pas d’apprentissages se réalisent dans ce cas.

La 1ère loi est donc : pour apprendre, nous devons être actifs, engagés, et nous devons percevoir immédiatement notre erreur pour ajuster nos connaissances.

« L’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte » Confucius

 

–         L’indispensable guidance de l’autre

 

L’enfant possède un logiciel d’apprentissage extrêmement performant, mais il a besoin de l’autre pour le faire fonctionner ! Il a besoin de la guidance d’un autre plus avancé que lui, qui puisse lui indiquer les éléments importants à observer et à prendre en compte pour évoluer. Il semblerait que l’adulte soit câblé pour répondre à ce besoin de l’enfant.

Le regard, le pointage du doigt et la voix chaleureuse sont des signes sociaux ostensibles, qui indiquent à l’enfant qu’un enseignement important va lui être proposé. Son attention est alors forte et il est prêt à recevoir de l’information.

Ainsi pour qu’un enfant retienne un mot nouveau, il est indispensable de le montrer du doigt ou d’attirer son attention sur cet objet au moment où le mot est prononcé.

C’est la raison pour laquelle les dessins animés et autres programmes éducatifs pour bébé  ont une efficacité nulle ou très insignifiante ! Sans présence humaine et active de l’adulte, l’apprentissage est nul, car l’enfant n’est pas capable de « faire quelque chose » des informations qu’il reçoit par la télévision, l’ordinateur,….

C’est aussi la raison pour laquelle une guidance par l’adulte plus individualisée, plus humanisée, est indispensable à l’enfant pour s’épanouir. En effet, les enfants ont avant tout besoin d’interactions humaines pour apprendre !

Attention donc aux écrans de toutes sortes, fussent-ils « pédagogiques » : ils détraquent complètement le système attentionnel de nos enfants !

Leurs yeux écarquillés, hypnotisés ne montrent pas qu’ils sont attentifs, mais indiquent qu’ils sont passés sur un mode d’alerte, et non pas d’apprentissage. Leur cerveau est surpris par le débit inhabituel d’images et active un mode d’attention qui prépare l’être humain à l’attaque ou à la défense. Normalement, ce système attentionnel d’alerte ne doit pas durer plus de quelques secondes. Or ici, il épuise pendant de longues minutes le système nerveux des enfants !! A la fois surexcités et épuisés, ces enfants deviennent électriques et sont incapables de focaliser leur attention sur une tâche demandée par un adulte. Les parents ne s’en rendent souvent pas compte, mais il est indispensable de limiter le plus possible les heures passées devant les écrans (smartphone, ordinateur ou tv). Des centaines d’études internationales nous mettent en garde contre ce fléau.

L’enfant a juste besoin de nous. Il n’apprend pas assis derrière un écran, ni livré à lui-même, mais prenons simplement le temps de nous arrêter avec lui à chacun de ses étonnements et questionnements (une jolie fleur, un papillon, l’attitude d’un ami,….) et de les commenter sobrement en répondant à ses questions et en lui laissant toute la place de s’exprimer. Lorsque nous sommes pleinement présents à la relation et disponibles pour l’échange, nous lui offrons le meilleur support technique et pédagogique qui puisse exister au monde pour épanouir son intelligence : notre étayage bienveillant individualisé. L’adulte joue un rôle si important pour orienter l’attention de l’enfant qu’il est considéré comme un élément-clé du système d’apprentissage. C’est cela, la pédagogie naturelle…

 

–         L’indispensable mélange des âges

 

Il a été démontré que les enfants d’âges différents adoptent naturellement entre eux cette posture pédagogique naturelle : ils se guident les uns les autres dans leur exploration du monde en pointant les éléments importants à prendre en compte. De plus, les plus avancés ou plus âgés consolident de la sorte de manière extraordinaire leurs connaissances en les partageant avec leurs camarades : en enseignant spontanément et naturellement aux autres, leurs circuits neuronaux se réactivent, et leurs connaissances en sont fortement consolidées. En outre, pour aider les petits, il doivent apprendre à être clairs, progressifs, flexibles, patients et empathiques !

L’auteure plaide donc pour un renversement de ce flux d’énergie actuellement vertical (de l’enseignant vers tous les enfants d’une classe), qui est épuisant pour l’adulte et peu nourrissant pour les enfants, en le rendant horizontal afin de donner aux enfants leur pleine autonomie. Ils n’auront ainsi plus à se contenir toute la journée pour écouter et suivre le rythme de l’adulte. L’enseignant serait également plus détendu et plus en forme : il n’aura plus à prendre en charge une verticalité contrôlante, stressante et éreintant, où tout dépend de lui. Il pourra accompagner les enfants au rythme de leurs intérêts et laisser les plus grands prendre volontiers en charge l’épanouissement des plus petits. Cette manière de faire serait également un catalyseur d’épanouissement pour l’intelligence émotionnelle et sociale.  Elle apporterait aussi un sentiment de cohésion et de sécurité très fort. Les plus jeunes étant rassurés et enthousiasmés par la présence des plus âgés.

 

Mais ce n’est pas encore suffisant pour l’apprentissage du jeune enfant ! Dans le prochain article, nous continuerons à observer les autres paramètres fondamentaux de l’apprentissage… à bientôt !

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 4

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Nous voici à présent dans le 4ème article qui va parler de la nécessité d’un environnement aimant, après avoir vu dans le 1er article l’expérience de l’auteure dans une école maternelle, dans le second les récentes recherches scientifiques sur le cerveau des enfants, et dans le 3ème article de la période critique des 2 ans.

Au vu des articles précédents, on peut se demander ce qu’il faut faire pour aider l’enfant à construire des fondations solides.

En fait, rien d’extraordinaire, rien d’autre que ce que nous avons déjà tendance  à faire naturellement :

  • il faut l’aimer,
  • être présent,
  • le laisser entrer dans nos vies et ne pas l’en isoler,
  • répondre simplement à ses demandes d’interactions, sans le surstimuler,
  • lui parler,
  • le rassurer quand il est stressé pour que les hormones du stress n’endommagent pas son cerveau immature,
  • le laisser explorer,
  • respecter ses propres rythmes
  • et enfin, respecter ses besoins physiologiques en lui offrant une alimentation et des cycles de sommeil adaptés à ses besoins.

Ce sont finalement tous les actes quotidiens qui sont importants, aussi banals soient-ils comme :

  • lui parler pendant le moment du bain
  • jouer avec lui
  • lui raconter des histoires
  • nommer les aliments et les objets qu’il pointe du doigt
  • s’adresser à lui avec un langage précis et correct
  • chanter des chansons,
  • danser, peindre, faire de la pâte à modeler
  • l’aider à manger seul
  • accompagner ses conquêtes en les soutenant, les encourageant, sans jamais le forcer,…

Un enfant  de moins de 2 ans a simplement besoin de la présence d’êtres qui l’aiment, à commencer par ses parents et sa famille, d‘interactions bienveillantes, de soutien, de protection et d’encouragements. Le bébé a avant tout besoin de lien humain !

Après le lien social, la seconde chose indispensable est le lien avec l’environnement réel.

Il faut que l’enfant puisse observer la vie quotidienne : nous voir cuisiner, déjeuner, faire le ménage, échanger, tout en ayant la possibilité de réaliser ses propres expériences pour découvrir le monde et la nature qui l’entourent, en prenant le temps nécessaire.

En fait, l’enfant apprend simplement en vivant… on serait surpris de voir tout ce qu’un enfant d’à peine 1 an est déjà capable de faire sans le moindre effort, simplement grâce à son extraordinaire mécanisme d’apprentissage plastique.  Des expériences ont montré qu’à 4 mois et seulement en 15 minutes un bébé est capable de savoir si une phrase est syntaxiquement correcte ou non ! En effet, les bébés se mettent à apprendre les règles grammaticales dès le départ, et n’attendent pas d’aller à l’école pour cela …

De plus, à 1 an à peine, ils maîtrisent déjà intuitivement quelques lois physiques fondamentales et sont déjà capables de prédire non seulement la trajectoire mais aussi la vitesse d’un objet !

Les enfants sont livrés au monde avec une sorte de logiciel d’autoéducation : ils sont capables de s’approcher de manière très précise de la vérité du monde extérieur en étant simplement actifs dans le monde et en apprenant de leurs erreurs.

Et, à chaque fois que l’enfant observe ou explore attentivement, son cerveau se réorganise, des connexions cérébrales se créent et d’autres s’éliminent : les connaissances précédemment acquises par ses expériences sont actualisées à la lumière des nouvelles découvertes. L’enfant n’a pas besoin d’explications formelles et magistrales.  Il a besoin de vivre et de se confronter à la suite continuelle de chocs que lui offrira son expérience dans le monde.

Ainsi, pour apprendre une langue étrangère, il convient de créer des conditions d’immersion pour que le cerveau de l’enfant analyse et forme lui-même ce nouveau langage sans effort. 

C’est le mécanisme naturel d’apprentissage humain…

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 3

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Cet article sera consacré à la période critique des 2 premières années de vie de l’enfant. Après avoir parlé dans un premier article de l‘expérience de l’auteure dans une école maternelle, puis dans le second article des découvertes scientifiques sur le cerveau des enfants.

En effet, les experts sont très clairs à ce sujet : les 2 premières années sont réellement capitales, car c’est à cette période que l’être humain pose l’essentiel des fondations de son intelligence.

Le cerveau de l’enfant traverse des fenêtres sensibles de spécialisation, au cours desquelles l’élagage est radical : certaines connexions seront fortement renforcées et d’autres drastiquement éliminées.

Prenons l’exemple du bébé qui, à 9 mois, est encore capable d’entendre tous les sons de toutes les langues du monde, mais, 3 mois plus tard à 12 mois, il n’entend plus que les sons qui existent dans sa langue : son cerveau s’est spécialisé aux sons de son environnement.

Grandir, c’est donc perdre les 2/3 de ses possibilités et renforcer le tiers le plus utilisé. 

Les experts parlent d’une période critique après laquelle certaines grandes fondations sont établies et deviennent ensuite de plus en plus difficiles à remodeler.

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 2

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Nous allons, dans ce second article, nous penchez sur les recherches que l’auteure relate concernant l’intelligence et la plasticité cérébrale, après avoir découvert  l’expérience qu’elle a menée  dans un école maternelle et les fantastiques résultats obtenus auprès de ces enfants défavorisés.

Contrairement à ce que l’on peut croire, la génétique ne tient qu’un petit rôle dans notre vie : ce que nous sommes est essentiellement déterminé par notre milieu.

Elle reprend l’exemple des larves d’abeille, qui sont toutes prédisposées à devenir des ouvrières; elles naissent toutes avec le même patrimoine génétique. Or, si l’une d’entre elles est nourrie avec de la gelée royale, elle deviendra cependant une reine.

C’est pareil pour les petits humains, qui ont besoin pour donner le meilleur d’eux-mêmes d’un environnement aimant, vivant, riche et favorisant l’exploration et l’activité spontanée, la rencontre avec l’autre, les interactions bienveillantes, calmes l’entraide et la générosité.

L’élément fondamental est donc bien  l’environnement. Maria Montessori l’avait déjà découvert disant que “l’adulte devait essentiellement concentrer son action sur la création de conditions environnementales susceptibles de nourrir et d’agir favorablement sur le développement de l’enfant.”

Les recherches montrent que l’enfant vient au monde avec une esquisse remarquable des grands circuits neuronaux connus chez l’adulte. Il est en quelque sorte pré-câblé pour développer des caractéristiques profondément humaines. Cependant ce pré-câblage est très immature et le développement de ses potentiels innés sera conditionné par la qualité de son environnement. C’est donc celui-ci qui influencera – positivement ou négativement- le développement de ses potentiels d’intelligence et d’humanité.

Si on prend l’exemple du langage, sa prédisposition innée au langage doit être nourrie sur la base d’un régime langagier riche et varié lors de la période très sensible de formation du langage, de la naissance à 3 ans. Pas besoin de méthodes pédagogiques spécifiques, l’enfant a simplement besoin d’être exposé au langage, de manière vivante et dynamique, pour former ses circuits cérébraux immatures.

Les chercheurs ont constaté que 86 à 98% des mots utilisés par les enfants à 3 ans provenaient directement du vocabulaire de leurs parents ! Mais ce n’est pas tout : la longueur et le style de conversations étaient également semblables à ceux de leurs parents. Or, nous savons aujourd’hui que le niveau de langage oral à 3 ans prédit les capacités de lecture à 5 ans et la compréhension de textes à 8 ans…

De la naissance à 5 ans, 700 à 1000 nouvelles connexions se créent chaque seconde ! Chaque image, chaque interaction, chaque événement, aussi quotidien soit-il, se fixe dans les fibres du cerveau de l’enfant en connectant des neurones. Le cerveau humain commence par créer des milliers de connexions pour se structurer. C’est la raison pour laquelle le jeune enfant est animé d’une vive passion pour l’exploration. Lorsqu’il touche, attrape, nous appelle, nous étudie, observe le monde avec intensité, son cerveau se construit. Et il est essentiel que nous, adultes, n’entravions pas systématiquement ce besoin constructeur en le réfrénant pour notre confort ou pour sa sécurité (“ne touche pas à ça”, “reste là”, “assieds-toi”, “tais-toi”,…). 

Permettons-lui d’explorer, de se mettre en lien avec le monde et d’autres êtres humains, et de réaliser des milliards de connexion ! En effet, si on compare les connexions neuronales de l’enfant aux connexions Internet (hyperliens), ce dernier possède environ 100.000 milliards d’hyperliens, alors que le cerveau de l’adulte en possède environ le triple, soit 300.000 milliards !! L’enfant, lui, en possède 10 fois plus que le réseau internet: 1 million de milliards de connexions de neurones !! Cela nous donne une idée de la puissance de ce déploiement synaptique pendant l’enfance : tout ce que l’enfant perçoit dans son environnement crée une connexion, absolument tout.

Du coup, il suffit juste à l’enfant de vivre et d’explorer librement le monde pour apprendre à une vitesse extraordinaire.  Il ne peut donc ne pas apprendre, pour lui, c’est comme respirer, il ne s’en rend même pas compte… Cependant si le cerveau reçoit peu, il se développera peu…

Evidemment, un moment donné, le cerveau ne peut pas tout garder. Il doit faire un choix. Cela s’appelle l’élagage synaptique. Les connexions les moins utilisées vont être supprimées. L’enfant va se spécialiser.

C’est ce processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’élimination de connexions synaptiques en fonction des expériences les plus fréquentes que l’on appelle plasticité cérébrale : il diminue progressivement quand l’enfant atteint l’âge de 5 ans, puis très nettement à la puberté, mais il se poursuit tout de même à l’âge adulte.

Vivre régulièrement auprès d’un jeune enfant, c’est participer directement à sa spécialisation cérébrale : ce que nous sommes au quotidien, nos façons de parler, de réagir, ce que nous faisons avec lui ou devant lui vont littéralement participer au câblage de son cerveau. Nos  attitudes préparent les leurs. 

Au niveau du langage, il est important :

  • que tous les membres de la famille se parlent correctement
  • que les adultes prennent le temps de parler correctement aux enfants
  • et qu’ils prennent le temps de permettre aux enfants de parler correctement.

Pour cela, il faut toujours chercher les mots les plus précis possible. Tout ce vocabulaire enthousiasme et stimule l’intelligence des enfants en plein développement, ils le reprennent avec joie et délectation. Mais il faut aussi leur laisser le temps de s’exprimer avec précision, à tous moments de la journée. 

S’ils ne s’expriment pas correctement, il ne faut pas hésiter à dire fermement : “Non, je ne suis pas d’accord. Je n’accepte pas que tu parles de cette manière. Est-ce que tu saurais reformuler ta phrase autrement ?”, quitte, s’il n’y arrive pas, à lui proposer une phrase qu’il pourra alors répéter… et intégrer.

S’exprimer avec aisance à l’oral est non seulement un gage d’insertion sociale, mais avant tout un moyen de développer une pensée complexe, logique, riche, exacte et structurée. Ils penseront également de manière précise et étayée, favorisant ainsi un bon développement cognitif.

Et voilà encore d’importantes découvertes, illustrées par cette vidéo ! Le prochain article parlera de la période critique des 2 premières années de vie de l’enfant.

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” – 1

By | Livre Céline Alvarez "Les lois naturelles de l'enfant" | No Comments

J’avais déjà entendu parler de Céline Alvarez, et je voulais absolument lire un de ses livres.  J’avoue que je ne suis pas déçue !

Il me semble donc urgent de vous livrer, au fil de ma lecture, tous ses enseignements, basés sur ses expériences et études.

L’auteure part d’un constat alarmant : en France, 4 écoliers sur 10, soit tout de même 300.000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes : plus de 100.000 d’entre eux n’ont pas la maîtrise des compétences de base en lecture, écriture et calcul ! C’est donc très mal partis pour la suite de leur scolarité.

Pour C. Alvarez, c’est dû au système éducatif qui s’appuie plus (et même essentiellement) sur des traditions plutôt que sur l’épanouissement et sur les mécanismes naturels de l’apprentissage humain. L’environnement scolaire offert ainsi que les méthodes d’apprentissages sont ainsi inadaptés à leur façon naturelle de fonctionner. Ce qui provoque la démotivation des élèves et l’épuisement des professeurs !

Comment faire alors ?

Les enfants ayant besoin d’une vie sociale variée, il serait préférable de ne pas les regrouper par classe d’âge, mais au contraire de mélanger les petits et les grands, chacun apprenant de l’autre, créant de l’entraide, de la fraternité et une solide émulation positive, plutôt que l’esprit de compétition que l’on connaît actuellement.

Ensuite, l’environnement dans lequel évolue les enfants est très important : il faut permettre aux enfants d’être autonome, en plaçant le matériel à leur hauteur, en leur proposant un endroit pour réaliser leurs expériences, des tapis, etc..

Dans l’expérience qu’elle a menée dans une classe de maternelle d’une zone défavorisée, C. Alvarez avait mis à disposition des enfants, de 3 et 4 ans, du matériel didactique élaboré par le Dr Montessori. Les élèves étaient libres de l’utiliser seuls ou en groupe, d’échanger entre eux, tout au long de la journée et autant de fois qu’ils le désiraient. Un temps de regroupement étaient par ailleurs organisé chaque jour. Pour les récréations, elles avaient lieu quand les enfants en avaient besoin et autant de fois que nécessaire.

De plus, l’accent était mis sur une grande exigence concernant le niveau de langage utilisé en classe. C’est l’enseignant, ou à la maison le parent, qui doit d’abord veiller à utiliser un langage riche, correct, précis et adapté. Alors il peut inciter l’enfant à en faire de même.  L’auteure relève d’ailleurs que les enfants raffolent des mots savants et élaborés (dites par exemple “un poulain”, et non “le bébé du cheval”)

Elle veillait également à son comportement. Comme elle cherchait à instaurer un environnement calme et posé, elle se devait de montrer l’exemple : elle se déplaçait avec calme et parlait à voix basse. Si un enfant criait, inutile de crier plus fort que lui (c’aurait été augmenter la tension en classe et montrer le comportement que l’on voulait éviter !). Elle s’approchait calmement de l’enfant, sans précipitation, et lui rappelait avec une voix posée et apaisante qu’il devait parler un peu moins fort.

Il faut en effet se rappeler que les enfants apprennent en observant leur environnement : nos gestes, nos paroles, nos comportements, tout, absolument tout,  est analysé par l’enfant et intégré. Son cerveau fera ensuite un tri et ne gardera que les expériences les plus fréquentes. Mais attention, il ne regarde pas la qualité de ce qu’il supprime ou conserve, mais juste la fréquence, sans aucun sens critique.  Il peut donc très bien garder des comportements négatifs, inadaptés, si ce sont eux qui lui sont le plus souvent montrés…

L’expérience de C. ALvarez dans cette classe a duré 3 ans. Dès la 1ère année, les enfants avaient progressé plus vite que la norme, ils avaient rattrapés pour certains plusieurs mois de retard ! Leurs parents avaient constaté de grands changements au niveau autonomie, calme, autodiscipline et bienveillance. Ils regardaient moins la télévision et étaient avides de savoir, de lecture,…

Les 2 années suivantes confirmèrent cette tendance.  Les enfants allaient à l’école avec plaisir, étaient épanouis et faisaient des progrès fulgurants, preuve que cette façon de procéder était la bonne !

Pour avoir une idée en image, regardez la vidéo !

Je continue ma lecture, et vous livre la suite très bientôt …