was successfully added to your cart.
Livre Céline Alvarez "Les lois naturelles de l'enfant"

Découverte du livre de Céline Alvarez “Les lois naturelles de l’enfant” 2

Nous allons, dans ce second article, nous penchez sur les recherches que l’auteure relate concernant l’intelligence et la plasticité cérébrale, après avoir découvert  l’expérience qu’elle a menée  dans un école maternelle et les fantastiques résultats obtenus auprès de ces enfants défavorisés.

Contrairement à ce que l’on peut croire, la génétique ne tient qu’un petit rôle dans notre vie : ce que nous sommes est essentiellement déterminé par notre milieu.

Elle reprend l’exemple des larves d’abeille, qui sont toutes prédisposées à devenir des ouvrières; elles naissent toutes avec le même patrimoine génétique. Or, si l’une d’entre elles est nourrie avec de la gelée royale, elle deviendra cependant une reine.

C’est pareil pour les petits humains, qui ont besoin pour donner le meilleur d’eux-mêmes d’un environnement aimant, vivant, riche et favorisant l’exploration et l’activité spontanée, la rencontre avec l’autre, les interactions bienveillantes, calmes l’entraide et la générosité.

L’élément fondamental est donc bien  l’environnement. Maria Montessori l’avait déjà découvert disant que “l’adulte devait essentiellement concentrer son action sur la création de conditions environnementales susceptibles de nourrir et d’agir favorablement sur le développement de l’enfant.”

Les recherches montrent que l’enfant vient au monde avec une esquisse remarquable des grands circuits neuronaux connus chez l’adulte. Il est en quelque sorte pré-câblé pour développer des caractéristiques profondément humaines. Cependant ce pré-câblage est très immature et le développement de ses potentiels innés sera conditionné par la qualité de son environnement. C’est donc celui-ci qui influencera – positivement ou négativement- le développement de ses potentiels d’intelligence et d’humanité.

Si on prend l’exemple du langage, sa prédisposition innée au langage doit être nourrie sur la base d’un régime langagier riche et varié lors de la période très sensible de formation du langage, de la naissance à 3 ans. Pas besoin de méthodes pédagogiques spécifiques, l’enfant a simplement besoin d’être exposé au langage, de manière vivante et dynamique, pour former ses circuits cérébraux immatures.

Les chercheurs ont constaté que 86 à 98% des mots utilisés par les enfants à 3 ans provenaient directement du vocabulaire de leurs parents ! Mais ce n’est pas tout : la longueur et le style de conversations étaient également semblables à ceux de leurs parents. Or, nous savons aujourd’hui que le niveau de langage oral à 3 ans prédit les capacités de lecture à 5 ans et la compréhension de textes à 8 ans…

De la naissance à 5 ans, 700 à 1000 nouvelles connexions se créent chaque seconde ! Chaque image, chaque interaction, chaque événement, aussi quotidien soit-il, se fixe dans les fibres du cerveau de l’enfant en connectant des neurones. Le cerveau humain commence par créer des milliers de connexions pour se structurer. C’est la raison pour laquelle le jeune enfant est animé d’une vive passion pour l’exploration. Lorsqu’il touche, attrape, nous appelle, nous étudie, observe le monde avec intensité, son cerveau se construit. Et il est essentiel que nous, adultes, n’entravions pas systématiquement ce besoin constructeur en le réfrénant pour notre confort ou pour sa sécurité (“ne touche pas à ça”, “reste là”, “assieds-toi”, “tais-toi”,…). 

Permettons-lui d’explorer, de se mettre en lien avec le monde et d’autres êtres humains, et de réaliser des milliards de connexion ! En effet, si on compare les connexions neuronales de l’enfant aux connexions Internet (hyperliens), ce dernier possède environ 100.000 milliards d’hyperliens, alors que le cerveau de l’adulte en possède environ le triple, soit 300.000 milliards !! L’enfant, lui, en possède 10 fois plus que le réseau internet: 1 million de milliards de connexions de neurones !! Cela nous donne une idée de la puissance de ce déploiement synaptique pendant l’enfance : tout ce que l’enfant perçoit dans son environnement crée une connexion, absolument tout.

Du coup, il suffit juste à l’enfant de vivre et d’explorer librement le monde pour apprendre à une vitesse extraordinaire.  Il ne peut donc ne pas apprendre, pour lui, c’est comme respirer, il ne s’en rend même pas compte… Cependant si le cerveau reçoit peu, il se développera peu…

Evidemment, un moment donné, le cerveau ne peut pas tout garder. Il doit faire un choix. Cela s’appelle l’élagage synaptique. Les connexions les moins utilisées vont être supprimées. L’enfant va se spécialiser.

C’est ce processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’élimination de connexions synaptiques en fonction des expériences les plus fréquentes que l’on appelle plasticité cérébrale : il diminue progressivement quand l’enfant atteint l’âge de 5 ans, puis très nettement à la puberté, mais il se poursuit tout de même à l’âge adulte.

Vivre régulièrement auprès d’un jeune enfant, c’est participer directement à sa spécialisation cérébrale : ce que nous sommes au quotidien, nos façons de parler, de réagir, ce que nous faisons avec lui ou devant lui vont littéralement participer au câblage de son cerveau. Nos  attitudes préparent les leurs. 

Au niveau du langage, il est important :

  • que tous les membres de la famille se parlent correctement
  • que les adultes prennent le temps de parler correctement aux enfants
  • et qu’ils prennent le temps de permettre aux enfants de parler correctement.

Pour cela, il faut toujours chercher les mots les plus précis possible. Tout ce vocabulaire enthousiasme et stimule l’intelligence des enfants en plein développement, ils le reprennent avec joie et délectation. Mais il faut aussi leur laisser le temps de s’exprimer avec précision, à tous moments de la journée. 

S’ils ne s’expriment pas correctement, il ne faut pas hésiter à dire fermement : “Non, je ne suis pas d’accord. Je n’accepte pas que tu parles de cette manière. Est-ce que tu saurais reformuler ta phrase autrement ?”, quitte, s’il n’y arrive pas, à lui proposer une phrase qu’il pourra alors répéter… et intégrer.

S’exprimer avec aisance à l’oral est non seulement un gage d’insertion sociale, mais avant tout un moyen de développer une pensée complexe, logique, riche, exacte et structurée. Ils penseront également de manière précise et étayée, favorisant ainsi un bon développement cognitif.

Et voilà encore d’importantes découvertes, illustrées par cette vidéo ! Le prochain article parlera de la période critique des 2 premières années de vie de l’enfant.