Histoires de parents…

Anna : “Depuis quelques temps, ma fille Emma est fort agressive, toujours sur la défensive, non seulement avec moi mais également avec ses amies et son frère.  Du coup, elle s’isole de plus en plus. Le moment des devoirs est aussi devenu très pénible …”

Je ne savais plus quoi faire ! Soit Emma se mettait de suite à pleurer à la moindre remarque, soit elle partait dans une colère noire et devenait même violente !

Je ne retrouvais plus ma petite fille si gentille et calme d’il y a encore quelques mois… Qu’avait-elle ?

J’ai essayé de la raisonner. J’ai tenté les punitions, la priver de TV, d’ordinateurs, de sortie,… mais on aurait dit que plus rien ne la touchait.

Quand Emma n’arrivait pas à résoudre un devoir, elle commençait de suite à s’énerver, tout lancer en l’air et dire que de toute manière, elle était nulle…

C’est vraiment très pénible de voir son enfant dans cet état, sans comprendre ce qui lui arrive !

Que faire alors ?

 

  1. Premièrement, j’ai décidé d’écouter mon enfant :
  • par ce comportement, qu’essayait-elle de me dire finalement ?

J’ai constaté plusieurs choses :

  • En fait, je n’étais pas vraiment à l’écoute d’Emma. Nous étions tous pris dans nos activités quotidiennes, absorbés par nos smartphones,… Moi je passais ma vie à  courir pour travailler, préparer le repas, faire le ménage, conduire les enfants à leurs activités,… Nous agissions, mais nous ne nous parlions plus !

 

  • J’ai également remarqué que j’étais fort distante avec Emma. Je ne lui donnais pas beaucoup de bisous, de câlins. Elle paraissait si grande déjà ! J’avais peur d’être ridicule

 

  • Et enfin, je ne lui faisais pas vraiment confiance ! Combien de fois ne lui disais-je pas lorsqu’elle voulait m’aider dans le ménage “Laisse, tu vas casser la vaisselle, tu ne vas pas assez vite,…” finalement, je ne lui offrais que des phrases négatives, qui ne la mettait pas en valeur. Et c’était pareil avec l’école : je lui reprochais ses mauvaises notes, lui disais qu’elle n’arriverait à rien si elle ne travaillait pas plus sérieusement, etc… mais je ne voyais pas tous les efforts qu’elle faisait, et ne lui renvoyait finalement rien d’encourageant !

2. Suite à ces constatations, je me suis dit qu’il fallait que cela change !

  •  Je devais en premier lieu prendre le temps de l’écouter. Mais l’écouter vraiment ! Pas entre 2 portes ou 2 messages ! Et surtout, ne pas intervenir avec mes “Mais c’est pas grave !” ou mes “Moi aussi, à ton âge…” mais la laisser exprimer son ressenti, ses problèmes d’enfant, sans la juger. Il fallait qu’elle se sente comprise, respectée. Qu’elle sache qu’elle pourrait toujours venir me parler, de quoi que ce soit, sans crainte, mais dans la bienveillance.

 

  • Ensuite, me rapprocher d’Emma ! Par une balade entre filles, aller faire les boutiques nous 2, et rien que nous 2… Lui faire un câlin et un bisou le soir et le matin (si elle veut bien !), la prendre dans mes bras quand je la sens triste, etc..

 

  • Lui faire plus confiance en la laissant prendre des initiatives. Elle sait déjà faire tant de choses ! Je dois lui montrer que je la trouve capable de réussir ce qu’elle entreprend… et en plus, elle se sentira utile de me décharger de certaines tâches comme vider le lave-vaisselle, ou m’aider à préparer le repas, etc..

 

  • Pareil pour l’école : ne pas être constamment derrière elle à tout vérifier, mais lui laisser le gouvernail, tout en surveillant juste de loin pour éviter les énormes catastrophes (= responsabilité de parent… il ne s’agit pas de l’abandonner non plus !!). Si elle commet une erreur, ce n’est pas si grave finalement, elle apprendra pour la prochaine fois !

 

  • Et surtout, l’encourager !! Je pense que c’est ce dont Emma a le plus besoin : de reconnaissance et d’encouragements. Je lui ferai remarquer tout ce qu’elle a fait de bien, tout ce qu’elle connaît déjà, tout ce qu’elle a réussi à surmonter dans son début de vie… et je l’encouragerai à aller de l’avant, à essayer, se relever et continuer !!

 

3. Maintenant, je dois mettre en application toutes ces bonnes idées… et surtout voir comment Emma va réagir ! Cela prendra sans doute un peu de temps… il me faudra de la patience !

 

  • J’ai commencé par profiter du repas du soir pour instaurer un tour de table où j’ai demandé à chacun de raconter simplement sa journée, dire ce qui avait bien été, et aussi ses difficultés du jour et comment il avait réussi à les surmonter. Toute la famille s’y est mise, moi compris. J’ai choisi de demander à Emma de nous parler de sa journée après l’avoir fait moi-même, pour l’aider à se lancer… et elle a dit quelques mots, timidement.

La règle expliquée en début de conversation était de ne jamais critiquer ce que l’autre disait, mais de l’accueillir avec bienveillance et respect !

Et quand Emma nous a dit qu’elle était vraiment nulle parce qu’elle était tombée lors d’un exercice de gym, toute la famille y a été de son anecdote où il nous était également arrivé de chuter, parfois dans des situations bien cocasses ! Cela a détendu l’atmosphère, resserré les liens familiaux (souvenirs communs) et montré à Emma que cela arrivait à tout le monde, et que ce n’était pas une raison pour se sentir nulle…

  • Au moment des devoirs, je ne suis pas intervenue constamment, lui laissant le choix de son organisation et la responsabilité de faire ce qu’elle devait… Emma a paru un peu perdue. Elle se demandait certainement ce qui me prenait de ne pas la “diriger” comme d’habitude. Mais elle n’a fait aucun commentaire et s’est mise de suite au travail.

Lorsque je l’ai entendue s’énerver sur un exercice incompris, je lui ai juste demandé si elle désirait une explication ou si elle préférait relire seule le cours pour essayer de mieux comprendre. Emma m’a demandé de venir près d’elle et de l’aider.

Elle m’a dit “Je suis vraiment trop nulle, je n’y arriverai jamais maman !”. Calmement, je lui ai fait remarquer qu’elle m’avait dit les mêmes paroles lorsqu’elle avait appris à nager. Et qu’en était-il maintenant ? Elle nageait comme un poisson ! (un peu d’humour fait aussi du bien !) Il lui fallait juste un peu plus d’exercices pour comprendre, c’est tout. Prenons le temps… et Emma s’est calmée. Et Emma a réussi son exercice… Et j’ai félicité Emma en lui disant que j’étais fière d’elle. Et Emma m’a souri… enfin !

  • Le même soir, je suis montée dans la chambre d’Emma pour lui souhaiter bonne nuit. Je lui ai fait un bisou, et à ce moment, elle s’est serrée contre moi et m’a fait un gros câlin.

Puis subitement, Emma s’est mise à pleurer, pleurer, sans plus savoir s’arrêter ! J’étais abasourdie… Ma petite fille lâchait prise… Elle s’est mise à me raconter des tas de choses de sa vie d’enfant, que j’ai écoutées avec respect, sans intervenir mais en montrant que j’étais attentive (ah et alors, que s’est-il passé ? ah bon… Qu’as-tu ressenti ?)

Puis elle m’a dit : “Tu sais maman, je suis contente que tu m’aies écoutée, cela me fait du bien, à toi, je peux tout dire, tu es une super maman !” 

Et là, j’ai su que j’étais dans le bon, que j’avais bien agi, et surtout j’étais très heureuse d’avoir enfin su aider ma fille…

  • J’ai pris l’habitude depuis de prendre quelques instants au coucher avec chacun de mes enfants, pour les laisser parler, déverser tous les sentiments (positifs ou négatifs) qu’ils ont emmagasinés durant toute leur journée…

 

  • Les jours suivants, j’ai demandé à Emma (mais aussi à son frère) de m’aider dans diverses tâches, je lui ai donné des “missions” et cela l’a rendue toute fière.

Si elle n’y arrivait pas, je lui montrais comment procéder en l’encourageant à essayer une prochaine fois, sans la moindre critique…

 

Et cela a fonctionné… ma petite fille mal dans sa peau, qui n’avait plus confiance en elle, est devenue une jeune fille qui avance, qui se prend en charge, qui apprend de ses erreurs, et surtout, qui me parle, qui n’est pas renfermée sur elle-même et ne garde plus ses sentiments pour elle. 

 

Chez nous à présent, tout peut être dit du moment que cela se fasse dans le respect de l’autre et dans la bienveillance ! Et les moments câlins sont des moments de pur bonheur, tant pour les enfants que pour les parents…

MISSION :

Mon enfant n’a pas (ou plus) confiance en lui

METHODE

  • Ecouter, laisser parler, communiquer
  • Aimer, montrer de l’affection, se toucher
  • Faire confiance
  • Respecter son enfant, surtout ne jamais le critiquer, ni dire des paroles blessantes, ou le rabaisser quand il rate quelque chose
  • Lui montrer qu’il est utile (en lui donnant des missions), intégré dans la famille (souvenirs collectifs, photos de famille,…)

RESULTAT

Mission accomplie !

Pourquoi est-ce que cela a si bien fonctionné avec Emma ??

  • Parce que sa maman s’est d’abord rendue compte que sa fille avait changé de comportement, signe qu’Emma devait avoir un problème.
  • Parce qu’elle a pris le temps d’écouter son enfant, sans la juger.
  • Parce que la maman a accepté de se remettre en question, elle-même, avant de demander quoi que ce soit à sa fille…
  • Parce qu’elle a changé son comportement, en se rapprochant d’Emma, en lui faisant plus confiance, en l’encourageant au lieu de la critiquer, en lui montrant qu’elle était importante dans sa famille !
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